Le concept du Fab-Lab consiste à mettre à disposition un espace de coworking équipé de différentes machines pour réaliser et concevoir des objets. Ce concept, Pauline se l’est approprié et à développer son propre espace. Un endroit original où tout tourne autour… du textile.

Depuis octobre, Pauline a apporté un nouveau concept à la ville de Lyon, dérivé du Fab-Lab. Traditionnellement, le Fab-Lab est une zone de co-working, où sont mis à dispositions des bureaux, ainsi que différentes machines, telle des imprimantes 3D où des découpes-laser. On y réalise des objets dans une ambiance plus conviviale que dans un autre lieu industriel. Pauline a ainsi repris cette idée en créant son Textile-Lab, où les machines ici servent à réaliser des objets autour du textile, comme le nom l’indique.

Pauline sur sa machine hackée. Crédit : Bastien Salles


A l’origine, rien ne laissait indiquer que Pauline se lancerait dans le textile. Après un bac S, elle s’oriente dans le graphisme. Pauline se retrouve alors à travailler en freelance, son employeur n’ayant pas la place dans ses locaux « Je découvrais le monde du travail en même temps que celui du freelance. ».  Un statut qui l’arrange très bien, avec la crise de l’emploi qui bat son plein au même moment.
Quelques temps plus tard, elle déménage à Lyon, à la recherche d’un nouveau dynamisme « J’ai d’abord cherché un bureau avant de chercher un appartement. ». En tant que freelanceuse, Paris ne lui semblait pas une bonne solution, par peur d’être isolée.  Elle tombe alors sur l’Ateliers des Médias, un des premiers espaces de co-working lyonnais.  Elle intègre l’association, et c’est alors le décollage pour sa carrière. Pauline rencontre énormément de personnes, et étoffe son carnet de contact. Elle redynamise son réseau tout en en créant un nouveau, et monte un groupe de freelance. Avec eux, elle travaille alors pour la communication interne du Grand Lyon. De fil en aiguille, Pauline participe à plusieurs projets, les rejoignant et les quittant. Jusqu’au jour où elle tombe sur des tableaux tricotés : c’est la révélation.

Un projet à tricoter

Ce sont ces petits tableaux de tissus qui vont faire une naître chez Pauline une nouvelle réflexion. Elle remarque que ces derniers ne sont pas faits main, mais à la machine. Elle creuse alors le sujet de son côté, et découvre des logiciels de hack de machines à tricoter. Le concept la séduit immédiatement, et avec sa petite équipe elle récupère rapidement le bon modèle de machine. Une fois la machine trafiquée, Pauline pouvait alors faire dessiner des motifs à l’ordinateur, et les faire imprimer sur tricot.  Elle arrête alors sa carrière de graphiste et lance son espace de co-working dédié au tissu, son fameux textile-lab. Si Pauline choisi le co-working, c’est parce que le concept l’a séduit dès ses débuts, et que travailler seule dans son coin ne la tente pas plus que ça.  Très vite, en proposant un sondage à son carnet d’adresse, elle remarque que la demande pour un tel projet est très forte.  Très vite, tout s’enchaîne, jusque l’ouverture du Textile-Lab en Octobre dernier.


Une des machines à tricoter hackées : on remarque l’ordinateur, rajouté, et qui permet de choisir le motif à tricoter. Crédit : Bastien Salles

De l’art d’hacker le tissu

Après quelques coups de soudures et le rajout d’une carte Arduino (une carte informatique qui permet entre autres de programmer des machines), les machines à tricoter hackées de Pauline sont prêtes. Au Textile-Lab, n’importe qui peut venir ou faire imprimer ses motifs sur un support textile. Un outil au fort succès, car assez unique dans la région lyonnaise. Parmi les utilisateurs, on retrouve des particuliers, mais aussi des artistes ou des artisans venant par exemple de Etsy. Pauline forme également à l’usage de ses machines, parfois des professionnels comme une tapissière qui est venu broder son logo. Ainsi, chacun s’approprie les machines ainsi que les logiciels : certaines personnes possèdent une formation dans le textile, mais cherchent à l’actualiser.
Pour le moment, le Textile-Lab n’édite rien : Pauline met les machines à disposition et gère le lab. Au-delà de la création, le Textile-Lab est aussi un lieu de rencontre. Pauline organise de nombreux événements, et cherche à faire rencontrer les gens. Des rencontres professionnelles ou pour le loisir « pour que le lieu soit le plus vivant possible ».

Une carte Arduino, petite carte informatique à tout faire. Crédit : Bastien Salles

Bastien Salles

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