Une régie publicitaire l’expérimente depuis 4 ans. Il s’agit de Biodegr’Ad. Elle arpente les rues lyonnaises en traçant des pubs au sol à l’aide d’un pochoir et d’un nettoyeur à haute pression. L’objectif ? Communiquer tout en respectant l’environnement.

La publicité sur le sol réalisée par Biodegr’Ad.

Le procédé est simple et plutôt propre : tout se fait avec de l’eau non-potable récupérée dans les fleuves de la ville (le Rhône et la Saône). Guillaume, créateur de Biodegr’Ad, exerce une pression sur le pochoir posé au sol pour créer un contraste entre la saleté et la propreté. D’abord, un résultat plutôt étonnant apparaît quant à la discrétion de l’annonce qui est faite. Ces messages éphémères sont biodégradables et restent une semaine à dix jours sur les trottoirs avant de s’effacer.

Guillaume et sa société travaillent avec plusieurs entreprises, publicitaires et associations pour faire passer des messages dans la rue. Mais étant la cible des associations anti-pubs et de la Ville de Lyon récemment, Guillaume est par ailleurs désormais contraint à limiter ses tracés pour faire passer des messages informatifs (notamment pour les associations).

DR


“Agressé par les messages”

Le Collectif Plein la Vue est l’un des ennemis de Biodegr’Ad. Dirigée par Benjamin Badouard et Anthony Geoffroy, cette association condamne fermement les marquages publicitaires. La raison ? Cette nouveauté vient s’ajouter à la publicité déjà présente dans le paysage urbain. Et cet effet de multiplication conduit à une plus grande pollution visuelle. Anthony Geoffroy est membre du Collectif Plein la Vue, et souligne une anecdote : “Je me rappelle que quelqu’un m’avait dit qu’il était obligé de baisser les yeux pour ne plus se sentir agressé par les messages. Là il y a un problème parce que quand on lève les yeux, il y a des publicités et donc quand on va ensuite les baisser pour éviter la pub, il y en aura encore !”


Une consultation lancée à Lyon

Pour lutter contre la pollution, une consultation citoyenne a été lancée fin janvier 2019 par l’UCIL (Union des comités d’intérêts locaux) et le Collectif Plein la Vue. Par ailleurs, selon les informations de Lyon Capitale, 5000 personnes ont répondu au questionnaire.

DR


“Nous n’avons plus d’espace pour que notre regard soit libre”

Benjamin Badouard est l’associé d’Anthony Geoffroy au sein du Collectif Plein la Vue, et il condamne les publicités à Lyon. Rencontre avec celui s’oppose fortement à Biodegr’Ad.

Tout d’abord, Benjamin, quel est votre objectif numéro 1 en tant que membre d’une association qui combat la publicité ?

” L’objectif est de sensibiliser les habitants de Lyon et les élus sur la question de la publicité. Ainsi, l’idée est de mettre la pression sur les élus car ce sont eux qui votent et moins il y a de pub, mieux c’est. On ne veut pas que du jour au lendemain, il n’y ai plus aucune pub. “

Qu’est-ce qui vous gêne concrètement dans une publicité ?

” Tout le monde peut trouver un aspect qui le gêne sur la publicité. Pour certains, le problème va être la pollution visuelle. Un arbre est plus joli à regarder qu’une publicité pour les voitures par exemple ; et il y a aussi le côté écologique où les écrans lumineux qui polluent sont nocifs. D’autres en ont marre de voir l’appel à consommer tout le temps. “

Quelle est votre position par rapport aux publicités au sol ? Avez-vous conscience qu’elles sont moins nocives que les pubs classiques ?

” Beaucoup de pubs sont illégales et ne respectent pas le règlement national. Je pense que les marquages au sol doivent être suspendus. Le procédé est assez propre bien qu’il faut un groupe électrogène pour se déplacer. Après ce qui dérange, c’est le phénomène de pollution visuelle et le fait que c’est une publicité qui s’ajoute encore aux autres. Si tous les écrans vidéo et publicités disparaissaient, pourquoi pas. Mais là ce n’est vraiment pas le cas : c’est juste une publicité de plus en fait. Donc avec les pubs au sol, nous n’avons plus d’espace pour que notre regard soit libre, et c’est gênant”.

ME

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *