Le Village des Créateurs (VDC) a vu le jour en 2001 dans le centre de Lyon. La structure a pour vocation d’aider les créateurs à développer leur entreprise dans le secteur de la mode, de la décoration et du design. Une belle opportunité pour les nouveaux venus dans la mode d’exister dans un monde qui semble si fermé. 

Les nouveaux artisans de la mode bénéficient, grâce au Village des Créateurs, d’une chance de pouvoir développer leur rêve de mode. Cet organisme n’a ni pour vocation d’amener l’entreprise à une gloire internationale, ni pour but de faire de la marque le nouveau nom tendance du paysage français mais plutôt de l’aider à se construire sur des bases solides. « Depuis son ouverture en 2001, le Village a accompagné 300 créateurs et aujourd’hui plus de 63 % sont encore en activité. C’est un chiffre honorable », raconte satisfaite, Delphine Joly, responsable communication du Village des Créateurs. Les chanceux qui voient leur dossier accepté par la directrice des lieux, Isabelle Gleize, bénéficient d’un accompagnement pour le développement de la nouvelle marque, tant au niveau économique que de leur structure.

« Pour se présenter, les créateurs doivent d’abord créer une entreprise. Ensuite une rencontre avec la directrice Isabelle Gleize est organisée pour analyser le projet, comprendre le business plan, voir la vision du développement à long terme. Pour enfin qu’une décision soit prise. »  

Delphine Joly, responsable communication du Village Des Créateurs.

La mode vit une nouvelle ère  

À chaque époque sa mode et ses couleurs, ses envies et ses obligations. Delphine donne à voir une image marquée par la réalité d’une société consumériste. « Aujourd’hui on est dans un tournant, on est sur du mass market avec des collections nées sur une mode jetable et éphémère ». Un constat terne auquel, la chargée de communication tente de redonner quelques couleurs, « mais à côté il y a aussi les marques qui essaient d’avoir un vrai discours. Comme les créateurs qui font du Made in France, avec l’excellence du geste, du génie créatif ». Une volonté de changement est donc largement présente et encouragée par le VDC.

Lyon n’est pas encore au niveau de l’indétrônable Paris sur la scène de la mode mais a des arguments à faire valoir. « C’est une ville à taille humaine. Il est plus simple se faire un nom à Lyon plutôt qu’à Paris. Bien que Paris soit une étape indispensable pour toucher un marché international », poursuit Delphine Joly. Il faudra pour les nouveaux créateurs se créer un réseau, rencontrer du monde et surtout « être malin ». Mais le milieu de la mode n’est pas fermé, il ne demande qu’à être bousculé.

Delphine prend pour exemple Anne Thomas et Valérie Moënne. La première « a d’abord fait des bijoux en céramique puis s’est développée vers d’autres matériaux. Elle développe aujourd’hui des chaussures, elle a rhabillé des présentatrices télé, revend ses produits à travers l’Europe. Anne thomas a des boutiques en nom propre à Paris et à Lyon. Elle est reconnue dans le champ des marques créatives française ». La seconde, « a créé la marque Marie Antoilette, qui fait notamment des imprimés sur collants, des kimonos, etc. Elle a créé son entreprise en 2011 et démarré ici au Village des Créateurs. Aujourd’hui, elle embauche quatre personnes. Ses produits sont vendus dans 300 points de vente. Elle s’exporte au Japon et États-Unis, ça marche très bien bien que ce ne soit que pas hyper médiatisé ».

Un concours pour un vrai coup de pouce 

Chaque année, le Village des Créateurs organise le concours Talents de Mode ouvert à toutes les entreprises de créateurs. Plusieurs prix sont remis dont celui de l’innovation. Celui qui arrive en tête du concours reçoit une récompense de 38 000 €, avec 5 000 € en plus pour pouvoir développer la marque. Elle gagne aussi le droit de s’installer dans le VDC pour exposer les créations. Un véritable encouragement à l’innovation.

By Romance, grand vainqueur 2018 du concours Talents de Mode

Si l’aspect financier peut être un frein, Delphine Joly encourage tout le monde à se lancer. « Si j’ai un conseil c’est d’avoir la rage, de la pugnacité, il faut arriver à en vouloir, avec un peu d’argent quand même parce que c’est un investissement. Mais surtout, ayez du génie créatif.»

Dylan MUNOZ

À lire aussi :

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *