Le monde de la mode est de plus en plus prisé aujourd’hui, et notamment chez les jeunes. Les nouveaux créateurs n’hésitent plus à se lancer dans cet univers, avec l’ambition de développer leur propre marque. Un reportage qui vous plongera dans les coulisses d’un secteur artistique.

Vous aussi, vous avez sans doute eu cette envie de créer votre propre tee-shirt et de le porter. De produire un vêtement dont vous seul avez eu l’idée de la conception, de la coupe et du graphisme. Les jeunes créateurs sont de plus en plus nombreux à s’installer dans cet univers qui leur est propre.

Le prêt-à-porter, secteur phare de la mode

Adrien a 22 ans, diplômé d’une école de mode, et souhaite à terme, créer sa marque de vêtements. Il part à Los Angeles la semaine prochaine, pour commencer un stage dans les sneakers et ne veut pas ressembler aux autres. S’extirper et se démarquer : voici le maître-mot d’Adrien, qui, dans un monde connu pour être compliqué, veut véritablement faire passer ses messages à travers des tee-shirts.<

©DR

À l’origine d’un dressing rempli de créations authentiques avec des imprimés en tout genre, Adrien est clair sur ses intentions : il veut toucher une cible jeune, celle « qui porte du Nike » actuellement. Même s’il est conscient que ceux-là sont ceux « qui veulent se détacher de la mode », dustyle actuel avec différents styles. Mais si rien n’est lancé pour le moment, Adrien évolue en tant qu’apprenti créateur affirmé.

De son côté, Signorino Leonardi, 66 ans, responsable chez Brochier (enseigne de soierie lyonnaise), est plus pessimiste sur l’avenir des jeunes créateurs dans la mode française : « Très peu réussissent ». Il conseille aux jeunes de se lancer à l’étranger plutôt qu’en France, et préconise une région où la main-d’œuvre est moins chère. De son côté, Adrien ne compte pas développer une création hors de l’hexagone.

Entrer dans le monde créatif

Solène, 25 ans, est étudiante en master 3 à l’Université de la mode. Elle réalise actuellement des expériences dans diverses enseignes telles que Décathlon et Wedze. Là-bas, elle prépare des dessins et des coupes pour les bonnets et les accessoires hivernaux. Une vraie dimension créative. Mais pour Solène, pas question de créer sa propre marque à l’avenir, même si elle possède des compétences en termes de créativité vestimentaire. Se consacrer au stylisme infographique ou au design ? Solène préfère ce choix de carrière.

Dans la mode, tout ne se limite pas à la création, beaucoup préfèrent se concentrer sur la communication à des fins de promotion et de mise en avant de collections. Une alternative qui rallie plusieurs compétences en termes de modélisme.

« Se différencier »

L’une des clés pour réussir dans la création, c’est l’originalité. Celui (ou celle) qui veut lancer sa propre marque doit détenir de bonnes raisons afin de se justifier “novateur” dans le milieu. C’est l’état d’esprit qu’Adrien souhaite inclure dans son ambition, à travers une marque de streetwear. Et pour ça, il compte profiter de son expérience aux États-Unis, là « où la mode est exportée en Europe » par la suite. Anticiper sur des détails qui feront le charme de la mode de demain.

C’est également l’objectif de Mathilde, diplômée de l’ESMOD. Depuis toute petite, elle s’adonne à la couture sous tous ses angles. Grâce à l’aide de sa voisine, elle a pu tresser et coudre ses premières créations. La créativité, elle l’a dans le sang. Elle s’est donc orientée naturellement vers cette voie. Sa plus grande fierté : sa collection de 3e année, où la réflexion était centrale. Elle est aujourd’hui affiliée au Village des Créateurs, à Lyon. Pour se lancer dans cette carrière, elle n’a pas eu de difficultés, contrairement à ce qu’elle pensait au départ… Preuve que les jeunes créateurs ont aussi leur mot à dire.

L’originalité se trouve, bien entendu, dans l’esthétisme du vêtement. Et l’esthétisme dépend des coloris et des visuels présents sur le tissu. Sur ce dernier, Adrien souhaite s’extirper des créations classiques par des messages subliminaux, voire philosophiques. Une chose est sûre : les jeunes veulent bouleverser les tendances classiques, cultivées par les grands couturiers qui ont construit la mode jusqu’ici. À voir si leur détermination arrivera à changer les codes habituels…

Mehdi ES SKHEIFI

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