À mi-chemin entre la promotion artistique et la vente, le marché de l’art est un domaine professionnel, nébuleux pour beaucoup, mais néanmoins en plein boom en France. Immersion avec Mattéo, étudiant à l’École d’art et de culture (EAC).

Ceinturés par les quatre murs blanchâtres de la galerie Silka, près de 80 aficionados fourmillent d’une encoignure à une autre, du vernissage des Espaces fantasmés ; exposition chapeautée pour L’Outsider, tantôt street-artiste, tantôt ébéniste de métier. Certains y recherchent satisfaction pour leur appétence esthétique, d’autres se perdent dans les contours monochromes des productions de l’artiste. Un tournevis dans sa poche arrière gauche, Mattéo navigue dans la foule tel un poisson dans l’eau. Assistant galeriste à Silka depuis mai dernier, la jeune pousse découle des nébuleuses formations des marchés de l’art… « Je suis en troisième année à l’EAC de Lyon, développe-t-il. J’ai toujours été attiré par le commerce et les arts. Disons que le marché de l’art a été un compromis. »

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@Arthur Brenac

Entre vente, promotion et raffinement

Le marché de l’art est une intime passerelle qui lie les œuvres au monde marchand. Or, « il ne s’agit pas exclusivement de vendre ou de promouvoir tel tableau, ou telle sculpture,modère Mattéo. C’est un domaine qui sollicite une connaissance fine du domaine des arts. » Outrepassant son exclusivité, le marché de l’art se distingue par une croissance constante. Laquelle est incarnée par des ventes quelque peu stratosphériques. Parmi elles, le Salvator Mundi, made in De Vinci, qui, en 2017, a été adjugée à 450 millions de dollars (un record). Puis, il faut mentionner la digitalisation progressive du milieu. Cela incluant la numérisation de moult galeries, ainsi que la floraison de logiciels comme Maecenas (une plateforme d’investissements artistiques) ou Smartify (une application identifiant des éléments muraux).

Les quatre métiers phares du marché de l’art. @Arthur Brenac

Mattéo souligne une « ouverture d’esprit » vitale pour espérer faire son trou dans le monde du marché de l’art. « C’est une exposition sur Keith Harring en 2008, au Musée d’art contemporain de Lyon, qui m’a convaincu de m’épanouir dans le monde de l’art, confie-t-il. Ce n’est que plus tard que j’ai construit un projet professionnel gravitant autour du marché de l’art. »

Partant, Mattéo s’est développé une certaine appétence pour la fibre urban art. Celle-ci l’ayant convaincu – ça et une expérience professionnelle avec un père caviste – de s’engager dans un cursus sur le commerce artistique. « Ma formation est en deux temps : nous développons nos compétences théoriques en cours, puis c’est réellement à partir des stages que nous nous attardons sur notre attirail pratique », poursuit le jeune homme. Desdits stages qui favorisent l’employabilité à terme : « 99% des candidats sont des anciens stagiaires, ce qui nous permet de les tester », appuie Paul Nyzam, en maison de vente, sur Welcome to the jungle.

Le carburant des artistes

En plus de construire son réseau – essentiel dans le marché de l’art – Mattéo a l’occasion, ponctuellement, de prendre la tête de la galerie ; en cas d’absence de son tuteur et gérant, Jérémie Masurel. Ce dernier, à la base, s’était épanoui dans des études de commerce, avant de satisfaire sa passion pour la fibre artistique, la faute à un grand-père collectionneur. « Être galeriste, c’est représenter des artistes, souligne Jérémie Masurel. Nous négocions les prix, nous construisons une relation de confiance avec l’artiste, en plus de savoir être un bon commerçant évidemment. »

Jusqu’ici, Mattéo s’est, néanmoins, attardé à des tâches peut-être moins “glamours“. Parmi elles, un travail important de communication, d’événementiel, de régie – non muséale – et de photographie ; dans une logique de numérisation de la galerie. « J’espère pouvoir m’épanouir dans cette galerie, après l’obtention de mon Bachelor, confie Mattéo. À terme, ce serait pour devenir galeriste aussi.»

Arthur BRENAC

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