Un nouveau mal s’installe dans notre époque. Les emplois de bureau ne cessent de fleurir dans le monde mais les tâches demandées ne semblent plus satisfaire les employés. Bienvenue dans l’ère des “jobs à la con”.

Arriver devant son bureau à 8 heures et repartir à 19 heures. Quelle vie passionnante n’est-ce pas ? C’est ce que dénoncent de plus en plus de salariés qui trouvent leur vie professionnelle dépourvue de sens. Le terme du “Bullshit Job” est apparu en 2013, lorsque l’anthropologue David Gaeber écrit une longue analyse pour le magazine américain Strike! sur le rôle de certains métiers sans réels objectifs.

Une affaire de longue date

C’est parti pour un petit cours d’histoire. Pour comprendre la montée en puissance de jobs inutiles, il faut revenir à l’époque de la Seconde Guerre mondiale. À l’issue de cette guerre, les pays occidentaux avaient en tête que le plein emploi était indispensable à leur système économique. Après les Trente Glorieuses, de nombreux postes d’ouvriers ont été supprimés au profit des travailleurs de bureau. On crée alors des postes hiérarchiques et administratifs à ne plus en finir.
À l’époque, il était préférable d’avoir un emploi, plus ou moins mauvais, plutôt que rien du tout. Et c’est encore le cas aujourd’hui. S’il devait y avoir un coupable, ce serait le pouvoir de la finance. Ces postes font des affaires, et donc rapportent de l’argent.

« L’importante croissance de la finance a déclenché un cercle vicieux dans lequel les travailleurs se sont sentis de moins en moins loyaux et il a davantage fallu les gérer et les contrôler. »

David Gaeber
© Via Giphy

C’est quoi un bullshit job ?

Après l’explosion des vues sur l’article américain de David Gaeber, de plus en plus de personnes retrouvent à dire sur leur emploi. Pas d’objectifs, perte de créativité, plus rien ne semble embellir leur journée de travail. En France, les trois quarts des salariés pensent que les tâches qu’ils réalisent au boulot sont inutiles. Assez triste. Checkez la liste des types de jobs à la con de David Gaeber, en espérant ne pas vous identifier à ces groupes !

  • Les cocheurs de case : ceux qui travaillent dans les maisons de repos et les foyers. Leur job se résume à faire remplir des questionnaires aux résidents, rentrer les données dans un ordinateur et constituer un dossier. Passionnant non ?
  • Les petits chefs : vous avez-vu Spiderman ? Jonah Jameson, le rédacteur en chef qui crie sur ses employés les jambes sur le bureau ? On donne des tâches aux autres sans lever le petit doigt. Ça vous donne une petite idée.
  • Les rafistoleurs : cette catégorie se base plus sur le domaine du développement des technologies et l’industrie du logiciel. Leur but : rafistoler les anomalies des logiciels.
  • Le porte-flingue : on y retrouve les avocats d’affaires, les personnes qui travaillent dans le marketing et la publicité. Les télévendeurs sont également ciblés puisque leur job consiste à vendre des produits peu utiles aux clients, et ça, ils le savent. Rien de très gratifiant donc.
  • Les larbins : ce sont ceux qui sont forcés d’appeler des personnes pour leur vendre des actions. Pour faire court, ce sont les courtiers.

« Le job à la con est une forme d’emploi si totalement inutile, superflue ou néfaste, que même le salarié ne parvient pas à justifier son existence, bien qu’il se sente obligé, pour honorer les termes de son contrat, de faire croire qu’il n’en est rien. »

Définition du “job à la con”, selon David Gaeber

Découvrez une petite vidéo où l’anthropologue David Gaeber explique lui-même sa vision du Bullshit Job.


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Lucie TALON

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